Une nouvelle étude britanique rapporte que les statistiques sur les arrêts cardiaques des jeunes sportifs doivent être multipliés par 3!

Sport et arrêt cardiaques : Une nouvelle étude révèle que les risques cardiaques pour les jeunes sportifs sont 3 fois plus importants que l’on ne le pensait auparavant.

Une nouvelle étude effectuée par une équipe de l’Université Saint Georges (Londres, Grande Bretagne) révèle que le risque d’arrêt cardiaque chez les sportifs – l’étude porte sur les footballeurs, les licenciés les plus nombreux- est bien plus élevé que ce que l’on croyait.

Etude de 10 ans sur le risque cardiaque des jeunes sportifs

L’étude a duré 10 ans et a suivi quelques 11 000 joueurs âgés entre 16 et 17 ans. Sur les 11000 8 sont morts pendant cette période, 6 dans des conditions non identifiées, 2 dont une hypertrophie cardiaque avait été diagnostiquée et qui s’étaient vus recommander de ne pas pratiquer d’activité sportive intense.

La probabilité d’un arrêt cardiaque est 3 fois supérieure à ce que l’on pensait

Une nouvelle étude alarmante

La dernière étude que ce professeur de cardiologie a publiée révèle que les statistiques sur la mort subite des sportifs peuvent être multipliées par 3

Le professeur de cardiologie Sanjay Sharma, qui a dirigé l’étude a déclaré au journal britannique The Independent: “La recherche a démontré que la probabilité d’un arrêt cardiaque sur un jeune footballeur est de 1 sur 14700 par an, ce qui représente au moins 3 fois le taux estimé auparavant.”
Sur les 42 joueurs identifiés avec des problèmes cardiaques au début de l’étude, 31 ont été autorisé à recommencer à jouer au football après une intervention chirurgicale ou un traitement, démontrant ainsi l’efficacité d’un diagnostic précoce . https://www.medpagetoday.com/cardiology/arrhythmias/74483

En Grande Bretagne les examens cardiaques sont effectués sur les joueurs de 16 ans.

La publication de l’étude par le New England Journal of Medicine a poussé la Fédération Britannique de Football d’étendre les examens cardiaques des seuls joueurs de 16 ans, ce qui est le cas depuis 1996 à tous ceux ayant 18, 20, et 25 ans. A ce jour, les clubs de première division effectuent régulièrement des examens sur leur joueurs mais les plus petits clubs n’y étaient pas obligés. Cela va vraisemblablement changer.

Inutile de rappeler que de très nombreux incidents ayant affecté des sportifs professionnels ont défrayé la chronique, les décès de Marc Vivien Foe, Junior Dian ou encore Danny Wilkinson ont particulièrement frappé le grand public et le monde sportif.
En Italie, une ONG nommée CRY (pour Risque cardiaque chez les Jeunes) a fait imposer des examens à tous les jeunes pratiquant un sport, le taux de mortalité a diminué de 90%
Le professeur Sharma précise“ La mort soudaine des footballeurs se révèle plus fréquente que nous le croyons mais en dépit des examens médicaux, les accidents cardiaques restent toujours la première cause de mortalité chez les joueurs de football ».
« La découverte la plus importante révélée par cette étude est la nécessité pour les athlètes qui poussent chaque jour leur corps au-delà de leurs limitées d’effectuer régulièrement des tests tout au long de leur carrière, entre l’adolescence et les débuts de l’âge adulte ».
Le docteur Steven Cox, président de l’association CRY déclare: “ Cette étude démontre que chez les footballeurs de première division les conséquences des conditions entourant les derniers drames et leurs conséquences dramatiques sont bien plus fortes que l’on ne le pensait . C’est pour cela que nous recommandons pour les athlètes qui pratiquent le sport de compétition que des tests réguliers soient pratiqués mêmes lorsqu’ils seront devenus de jeunes adultes ».
Arrêt cardiaque des sportifs en France : tout va de mal en pis !

En France, on n’exige qu’un certificat sans examen cardiaque…

En 2016, de nombreux acteurs du monde associatif dont Pascal Candau, fondateur de l’Association 14 contre l’arrêt cardiaque lors de la pratique sportive s’étaient insurgés contre les nouvelles directives du plan santé liées au contrôle médical des sportifs et mis en place conjointement par le ministère de la Santé et le Ministère des Sports. Candau dénonçait alors un « désintérêt croissant de la part des autorités au plus haut niveau, qui n’ont pas jugé nécessaire de se préoccuper d’un phénomène qui brise des vies et anéantit des familles. Le Plan santé de 2016 étirait de 1 à 3 ans la validité des certificats d’aptitude au sport avec une absence d’obligation de la pratique de l’électrocardiogramme pourtant préconisé à longueur de communiqué par la Société Européenne de Cardiologie.

Extrait d’interview de Pascal Candau par PATRICK ONIMUS

Ayant perdu son fils Maxime d’un arrêt cardiaque lors d’un match de hand-ball, Pascal Candau n’a eu de cesse de militer contre ce drame.

• Publié dans Var-Matin (La Seyne / Sanary) le 26 Jun 2016

Et vous êtes un homme en colère aujourd’hui…

Oui, effectivement, je suis en colère quant à l’attitude de nos responsables politiques, tous bords confondus, face à ces ACVS qui tuent chaque semaine en France près de  sportifs. Il m’est insupportable de voir ces responsables ignorer les recommandations des plus grands cardiologues du sport qui permettraient de lutter contre ce fléau. Malgré des constats avérés, de belles paroles sans lendemain, ils restent sourds aux suggestions faites par les experts, observant, impassibles, le développement du phénomène, sans agir.

Certaines mesures prises risquent donc d’augmenter les accidents de ce genre?

Tout à fait. L’étirement de la durée de validité (d’un an à trois ans) des certificats d’aptitude au sport, la complète omission de la pratique de l’électrocardiogramme de repos (ECG), préconisé officiellement par les élites scientifiques de la très savante Société européenne de cardiologie, le tout dans un contexte d’encouragement à la pratique du sport de masse, vont accroître le nombre de pratiquants non encadrés sur le plan médical. Et augmenter logiquement, au final, le nombre d’accidents.

Comment procéder pour parer à de telles conséquences?

Je pense que ces nouvelles mesures doivent être revues, en fonction des préconisations des cardiologues et scientifiques qui sont ignorées. Ces derniers ont des solutions qui ne demandent qu’à être appliquées. Près de la moitié des accidents pourrait être ainsi évitée à court terme.

Vous préconisez l’électrocardiogramme de repos ?

Effectivement, il est indispensable; la grande majorité des ACVS proviennent de deux sources: entre  et  ans d’une éventuelle pathologie cardiaque muette, qui risque de se déclencher en cas d’un effort sportif intense, voire de s’aggraver et provoquer l’accident. Comme le rappelle le professeur François Carré «La pratique du sport n’entraîne pas la pathologie, il la révèle.» La seconde origine principale des accidents survient entre  et  ans, elle est due à l’usure naturelle, et plus ou moins rapide selon les individus, des artères coronaires.

L’électrocardiogramme permettrait donc de détecter les anomalies cardiaques ? :

Il est prouvé que le potentiel de détection d’une anomalie cardiaque avec la pratique d’un ECG de repos passerait de  à  %. En Italie, l’électrocardiogramme de repos est obligatoire depuis le début des années quatre-vingt dans le cadre du sport fédéral, avec comme conséquence directe…  % d’accidents cardiaques de moins qu’en France ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes…

Les enfants sont aussi touchés par ce fléau ?

Oui, les récentes dispositions prises dans le cadre de la nouvelle loi santé les concernent aussi, et je trouve encore plus inacceptable qu’on se permette de négliger à ce point le contrôle médical préventif (CMP) de nos jeunes sportifs. Contrairement aux orientations décidées, j’estime qu’il faut absolument rétablir et améliorer tout particulièrement la surveillance médicale préventive de nos enfants, sujet sur lequel il est impossible de transiger.

Et l’on ne parle pas des certificats de complaisance?

Ils sont interdits et passibles de poursuites pour les praticiens qui les délivrent. Les enfants en sont les principales cibles. Les ados connaissent tout C’est le nombre de décès de cette nature recensés chaque année en France, qui a été reconnu officiellement par les autorités en  comme problème de santé publique.
particulièrement des changements importants, sur les plans physique et physiologique, ils nécessitent une attention toute particulière.

D’où la mise en place de l’opération « Kids  » ?

Complètement, nous proposons des événements à des villes de France «Sportives et responsables », permettant d’offrir aux jeunes sportifs leur premier et véritable CMP incluant un ECG de repos, une véritable première qui je le souhaite va se développer à l’échelle nationale tout entière. Une opération rendue possible grâce à l’engagement de certaines collectivités territoriales, et des entreprises, je m’en réjouis.
En conclusion, le sport absolument, mais pas n’importe comment? C’est la devise de «». Je rappelle que trois décès sont recensés en moyenne chaque jour pour autant de drames dans les familles. Nous pouvons diviser par deux ce nombre d’accidents si nous le souhaitons. Des milliers de familles de victimes en ont fait leur credo, ainsi que l’intégralité du mouvement sportif, qui avance solidaire dans ce combat, et même si la politique nationale de santé publique ne prend pas encore en compte le problème des accidents cardio-vasculaires liés au sport. La volonté de réussir et l’abnégation trônent au sommet des valeurs sportives, ne l’oublions pas !
PATRICK ONIMUS

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