La chaine de survie : Comment sauver une victime d’un arrêt cardiaque

La chaîne de survie lors de l’arrêt cardiaque :

La chaîne de survie est inséparable de l’utilisation d’un défibrillateur cardiaque. Elle est la série de gestes indispensables pour sauver une victime. Avec quelques 80% de la population n’ayant reçu aucune formation en secourisme, La grande majorité des Français ne sait pas comment réagir face à un arrêt cardiaque.

L’arrêt cardiaque est pourtant un drame lorsqu’il n’est pas pris en charge rapidement et immédiatement. Une victime qui n’est pas prise en charge dans les 3 minutes a très peu de chances de survivre sans séquelles. Une victime qui n’est pas prise en charge dans les 10 minutes n’a presque plus aucune chance de survivre.

Beaucoup de Français imaginent qu’un défibrillateur à proximité va seul permettre de sauver une victime et quelque part s’imaginent que l’appareil va se décrocher du mur tout seul, voler jusqu’à la victime, se poser tout seul et mettre son cœur en marche!  Cette croyance est d’autant plus répandue que la communication de bon nombre de distributeurs fait croire que l’appareil se suffit à lui-même et qu’il suffit de l’utiliser dans les 3 minutes suivant l’arrêt cardiaque pour avoir toutes les chances de sauver la victime.

C’est totalement faux. La procédure à suivre impérativement n’est qu’un tout petit peu plus compliquée, mais en aucun cas, celui ou celle qui est totalement novice en secourisme ne peut l’inventer. D’autant plus que l’exposition à un arrêt cardiaque est un événement extrêmement stressant. C’est peut-être même une des situations les plus stressantes auxquelles on peut être confronté. Même formé, on n’est jamais à l’abris d’une réaction irrationnelle liée à la panique. En secourisme, seuls ceux et celles qui ont participé à des opérations de secours peuvent préjuger de leur réaction et de leur efficacité.

Ne pas insister sur cette réalité est au minimum irresponsable et induit bon nombre de compatriotes en erreur. Sans respect de la chaîne de survie, il n’y a presque pas de chances de sauver une victime d’arrêt cardiaque ou de lui permettre de survivre sans séquelles. Hélas, lorsque le cerveau est endommagé, il n’y a presque pas de possibilité de le réparer. Même si la neurologie a fait d’énorme progrès dans les dernières années, le cerveau reste l’organe le plus méconnu.

La chaine de survie face à l'arrêt cardiaque

Lors d’un arrêt cardiaque, le premier délai auquel est confronté le sauveteur est celui des 3 ou 4 premières minutes. Ce premier délai équivaut au temps qu’il faut à l’organisme pour cesser de faire circuler le sang pompé par le cœur avant l’arrêt cardiaque et ainsi d’irriguer le cerveau. Pendant ces 3 premières minutes. Le sauveteur doit avoir impérativement diagnostiqué l’arrêt cardiaque et appelé les urgences. La pratique du massage cardiaque va permettre de pomper le sang et de protéger le cerveau des dommages irréversibles qui seraient causés par l’absence d’irrigation sanguine. La pratique du massage cardiaque va interrompre le délai de 3 minutes après lesquelles les dommages seront de plus en plus importants.

LE DIAGNOSTIQUE DE L’ARRÊT CARDIAQUE

Une victime en arrêt cardiaque est par définition inconsciente. Lorsqu’on lui parle, et qu’on lui demande d’effectuer un mouvement des yeux ou du doigt, elle ne réagit pas. Il faut alors que le sauveteur place la victime sur le dos et colle son oreille sur le nez de la victime. S’il n’y a pas de mouvement de l’abdomen, s’il n’y a aucune sensation d’air ou de souffle, il y a de bonnes chances que la victime soit en arrêt cardiaque. Attention, l’abdomen peut bouger de façon irrégulière, c’est ce qu’on appelle le GASP. En cas de gasp, il faut considérer que la victime est en arrêt cardiaque et agir adéquatement.

 L’APPEL DES URGENCES

Une fois le diagnostique effectué, il faut impérativement appeler les urgences en précisant le plus de détails possibles sur la situation et la victime, en particulier son âge. Les étapes suivantes pourront varier s’il s’agit d’un enfant ou d’un nourrisson. Il faut préciser l’emplacement de l’accident le plus précisément possible.

Le sauveteur peut au choix appeler les SAMU (le15), les Pompiers (le 18) ou les urgences européennes (le 112). Le 112 a l’avantage de permettre d’appeler de partout en Europe et d’avoir un standardiste qui parle français. Il existe actuellement (février 2018)

Le MASSAGE CARDIAQUE ET LA RCP

Le massage cardiaque est l’élément central de la chaine de survie. Il doit être commencé le plus rapidement possible, dès que le diagnostique de l’arrêt cardiaque a été effectué. Si le donneur d’alerte est seul, il doit appeler les urgences et commencer le massage cardiaque. S’il n’est pas seul, la seconde personne doit appeler les urgences en permettant à la première de pratiquer le massage cardiaque. S’il y a un défibrillateur et que le second sauveteur doit aller le chercher, le premier sauveteur va continuer sans interruption le massage en ne l’interrompant qu’au moment où les électrodes auront été collées sur la poitrine dénudée de la victime et où le défibrillateur aura demandé de s’écarter.

Nous utilisons sciemment le terme massage cardiaque mais le terme approprié est RCP, pour réanimation Cardio Pulmonaire, qui est constituée de deux gestes, le massage cardiaque ou les compressions thoraciques et le bouche à bouche ou insufflation. Il faut idéalement alterner 30 compressions thoraciques et 2 insufflations d’une seconde. Le massage cardiaque et la RCP font l’objet d’un autre article de ce blog.

RECAPITULONS UNE PREMIERE FOIS

Après avoir diagnostiqué l’arrêt cardiaque, il faut appeler les urgences afin de signaler l’emplacement de la victime, et enfin commencer le massage cardiaque ou les compressions thoraciques. S’il y a un défibrillateur à portée de vue, il faut s’en emparer, l’ouvrir, déshabiller la poitrine de la victime, y coller de chaque côté du cœur les électrodes. Le défibrillateur va dans un premier temps analyser le rythme cardiaque puis décider ou non d’envoyer un choc électrique pour faire repartir le cœur et demander suite au choc au sauveteur de pratiquer le massage cardiaque.

 

Mais, à moins que la victime ne soit tombée à proximité d’un défibrillateur, le sauveteur doit impérativement se concentrer sur le massage cardiaque qu’il doit commencer le plus rapidement possible et se faire apporter le défibrillateur. Le massage cardiaque ne doit pas être interrompu pendant que le défibrillateur est posé par le second sauveteur jusqu’à ce que l’invite orale du défibrillateur ne demande à tous de s’écarter et de ne plus toucher la victime.

Il faut donc agir rapidement, dans les 3 minutes après l’arrêt cardiaque, et suivre rigoureusement les étapes de la chaîne de survie :

 

  1. Appeler les secours (le SAMU avec le 15 ou les Pompiers avec le 18)
  2. Commencer la réanimation cardio-pulmonaire en effectuant un massage cardiaque.

    Le massage cardiaque est le nom populaire de la réanimation cardio-pulmonaire ou RCP. La RCP consiste en une alternance des compressions thoraciques et des insufflations, c’est-à-dire du massage cardiaque et des insufflations.

Pour effectuer les compressions thoraciques, le sauveteur doit se placer à genoux, perpendiculairement à la victime. Il doit placer la paume d’une main sur le plexus de la victime et l’autre main, paume vers le bas au-dessus de la première. Il effectue alors au rythme de 100 à 120 compressions par minutes une série de 20 compressions en enfonçant sa paume à 5 centimètres dans le thorax, puis il alterne avec deux insufflations de 1 seconde chacune. L’insufflation consiste à placer les lèvres au-dessus de celle de la victime, dont la tête a été basculée en arrière et à souffler.

 

NB 1 : s’il y a plusieurs témoins, ils peuvent se relayer pour effectuer cet exercice physiquement éprouvant.

NB2 : Les sauveteurs peuvent se faire aider par le standardiste des urgences qui est désormais de mieux en mieux formé pour procurer de l’aide à des témoins qui n’ont pas la moindre connaissance en secourisme.

 

3. Utiliser un défibrillateur

Le défibrillateur fait l’objet d’une étude approfondie dans d’autres articles de ce blog et sur le site https://www.restenvie.com

4.Faciliter l’accès aux services d’urgences afin d’évacuer rapidement la victime vers un centre de secours

S’il y a plusieurs témoins et que la configuration des lieux est compliquée, ils doivent s’organiser pour guider l’équipe des urgences depuis son arrivée jusqu’au lieu de l’accident.

En France, ce sujet est encore pris à la légère, seuls les professionnels du milieu où les personnes ayant pris conscience du nombre de vies qui peuvent être sauvées se sentent un minimum concerné.

La distribution de défibrillateur dans l’hexagone est encore très faible et dans la plupart des cas si les témoins de l’arrêt cardiaque avaient su réaliser les bons gestes au bon moment avec l’aide d’un défibrillateur, la majorité des victimes auraient pu être sauvées.

 

La société Restenvie ne conçoit pas d’équiper des structures en défibrillateurs sans apporter à tous la connaissance de la chaîne de survie https://restenvie.com

RESUME (récapitulons une seconde fois) :

Face à un arrêt cardiaque, suivre la chaîne de survie : APPELER, MASSER ET DEFIBRILLER !

 

 

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